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Samedi 19 juillet 2008
A l'occasion ce samedi du mariage d'un ami (bien qu'on les choisisse, si j'en crois sa couleur politique, le vers semble déjà être dans la pomme), je m'interroge sur l'union de deux êtres.

Pour la femme, il s'agit là d'une sécurité bienvenue afin d'assurer l'avenir de la progéniture. Soit. Mais pour l'homme, le mariage n'est-il pas une sorte de castration de l'atavique séduction masculine propre à tout mammifère ? Quel courage : s'auto-mutiler de la sorte et ce devant toute sa famille. L'on peut toujours espérer faire partie de la majorité, soit celle qui revient à de meilleurs sentiments en divorçant ! Mais Dieu le prohibe, son sceau étant éternel, comme les regrets. Quoiqu'il en soit, Stéphane a bien fait car un proverbe serbe ne dit-il pas "Une femme sans mari est un cheval sans bride".

To marry or not to marry... Le débat est lancé.
par Marco del Rugo publié dans : Commentaires
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Samedi 12 juillet 2008
Mer d'encre
Richard Weihe

Mon classement : * - Commentaire :


Agréable lecture que ce récit aérien et léger, habité du Dao (philosophie du non agir plus connue sous le terme Tao) et du Chan (le bouddhisme chinois d'où naîtra le zen japonais), qui conte la vie du peintre Chu Ta dans une langue épurée (bravo à Johannes Honigmann, traducteur du texte original allemand), avec des touches historiques (et Dieu sait que longue est l'histoire de la Chine avec ses nombreuses dynasties). De là à obtenir le Prix des auditeurs 2005 de la Radio suisse romande... Je viens de terminer la lecture de la version brochée dont la couverture est imprimée sur un beau papier (aux Editions Jacqueline Chambon); existe aussi en version poche aux Editions Picquier.

François Cheng a consacré un bel ouvrage à ce peintre chinois : Chu Ta - Le génie du trait (1626-1705). Artiste qui de nos jours serait à l'assistance sociale (aimant abuser de l'alcool, état où il peignait) et interné dans une clinique psychiatrique (il avait décidé de ne plus parler, se montrant en public en riant ou en criant bestialement).

Retenons ces deux extraits :

Un jour, son père le fit marcher pieds nus dans une bassine pleine d'encre, puis sur toute la longueur d'un rouleau de papier. Au début, les traces que laissait Chu étaient noires et humides, puis elles s'éclaircissaient à chaque pas, jusqu'à devenir presque invisibles. Alors il sauta du papier sur le sol en bois.
Le père prit le pinceau et inscrivit sur le bord supérieur du rouleau :
Une petite portion du long chemin de mon fils Chu Ta. Et plus bas, il nota : On trace un chemin en le parcourant.

Un jour, il était assis avec un moine au bord du lac et parlait du plaisir d'être un poisson.
- Mais vous n'êtes pas un poisson, Maître, rétorqua le moine. Comment pourriez-vous savoir que les poissons éprouvent du plaisir ?
- Tu n'es pas moi, répliqua Bada. Comment pourrais-tu savoir que je ne sais pas quand un poisson prend du plaisir ?
- Non, je ne suis pas vous, dit le moine, donc je ne puis savoir ce que renferme votre esprit. Mais il est certain que vous n'êtes pas un poisson. Cela est sûr. Donc je conteste que vous puissiez connaître les plaisirs d'un poisson.
- Reprenons depuis le début, dit Bada. Quand tu m'avais demandé à quoi je devinais ce que les poissons ressentent, tu connaissais déjà la réponse et tu t'enquérais du comment. Ma réponse est la suivante : je le sais, car le plaisir que j'éprouve n'est pas le mien.



4e de couverture :

On rapporte que lorsque Chu Ta, devenu le maître Bada Shanren, mourut: " Le pinceau lui échappa des mains et tomba sur sa chemise blanche. Il glissa lentement sur sa poitrine en laissant une trace noire. " Cette histoire est une histoire vraie. Chu Ta, né en 1626, fut le dernier prince de la dynastie des Ming en Chine. Après l'invasion mandchoue, qui décima sa famille, il se réfugia dans un temple et devient moine, peintre et calligraphe. Il vécut pauvre, longtemps inconnu, fuyant la notoriété, à la recherche d'une spiritualité où il trouvait les racines de son art. C'est ainsi qu'il devint pour la postérité le maître du " grand noir ". Richard Weihe raconte la vie longue et mouvementée de Chu Ta en un roman court et dense qui vise à l'essentiel. Et son style vif et ramassé semble reproduire la brièveté et la nécessité du geste de son personnage, exemple vivant de la philosophie et de l'art du zen.


Extraits, tournures et expressions appréciés :

- Exerce-toi à ne pas intervenir, lui dit l'abbé. N'agis pas, apprends à connaître la sensation de vouloir agir, mais sans le faire. N'agis que lorsque ce que tu peux faire correspond à ce que tu veux faire.

Guidé par des sentiments humains, tu t'égares, mais guidé par la nature, tu arrives à ton but, dit un proverbe.

[...] tu as beaucoup avancé dans la sphère de l'essentiel.

Une chose est une chose par rapport à elle-même et en même temps par rapport à d'autres choses. Elle est à la fois ceci et cela. [...] Ceci est également cela, et cela est également ceci, répéta-t-il. L'essence du chemin se trouve là où les contradictions cessent.

Un peintre doit savoir distinguer le noir du noir, ce sont deux choses complètement différentes !

[...] vieux dicton : Les feuilles tombées retournent à la racine de l'arbre.

Il avait renié tout ce qui ne trouvait pas place dans son maigre bagage. Le reste lui paraissait superflu.

[...]
l'éternité qui les précédait.

- Quand tu marches, ne pense pas à marcher.

[...] pour laisser cette vue agir sur lui.

Mais il avait pénétré si profondément dans l'esprit du Chan qu'il n'accordait quasiment plus d'importance à ce qui l'entourait.
Et la poussière et le manque de lumiè
re n'affectaient guère ses pinceaux.

[...] un réseau de significations.

[...] le monde est derrière nous, mais quel est ce rêve vers lequel nous nous dirigeons, songeurs ?

[...] le début de tout
[...]

Le frottage de l'encre lui devenait de plus en plus pénible, il arrivait à Bada de faire évoluer un pinceau sec.
Il peignait jour après jour, même si aucune image n'en résultait.



Une intéressante critique du bouquin est parue dans le webmagazine Orient Extrême. Quelques estampes de Chu Ta sont publiées dans La Boîte à Images.

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par Marco del Rugo publié dans : Lectures
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Vendredi 11 juillet 2008
La vie est toujours capable d'apporter des solutions à des problèmes logiquement insolubles

Cet aphorisme, tiré du bloc-notes d'Edgar Morin, chroniqueur au Monde des Religions, a été publié ce mois de juillet 2008 dans ce magazine dont le dossier principal est consacré au bouddhisme tibétain. Puisse se peuple opprimé croire en la vie...
par Marco del Rugo publié dans : Aphorismes
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Samedi 28 juin 2008
Totto-chan - La petite fille à la fenêtre
Tetsuko Kuroyanagi


Mon classement : *(*) - Commentaire :


Alors que je me rendais à la Fnac Fribourg pour acquérir un tout autre livre, je suis tombé par hasard sur ce poche-ci. Le bandeau promotionnel "Plus de 8 millions d'exemplaires vendus" aurait pu me rebuter, ce qui ne fut point le cas.

L'Histoire retiendra du début des années 40 la tragique Seconde Guerre Mondiale. Mais pour Totto-chan, la petite fille héroïne de ce court récit, ces années sont celles de son école primaire de Tomoe, dont elle garde un souvenir ému. Une école créée par un génial éducateur, M. Sôsaku Kobayashi (de son nom véritable Kaneko), à qui elle rend un vibrant hommage. Disciple du Suisse Emile Jacques-Dalcroze, et considéré comme celui qui a introduit l'enseignement de la rythmique au Japon, ses consignes aux enseignants étaient claires : "Ne transformez pas les enfants pour qu'ils entrent dans un moule. Laissez-les s'épanouir naturellement. Leurs rêves dépassent les limites de vos projets éducatifs".

Le texte de Mme Tetsuko Kuroyanagi, célèbre vedette de la télévision japonaise (traduit du japonais par Olivier Magnani, qui nous donne d'instructives explications sur la culture japonaise), relate le quotidien de Totto-chan dans cette originale école de Tomoe, où les cours étaient dispensés dans des wagons de train.

Une saine lecture (sans prétention littéraire) que je recommanderais à tout jeune désirant se former comme enseignant ou à tout pédagogue. Mais je crains que la course à la performance ne rende caduque cette utopie, celle d'un monde respectant les différences de chacun...

4e de couverture :
Tokyo, début des années 1940. Tetsuko, alias " Totto-chan ", mène la vie dure à son institutrice qui finit par la renvoyer. Ses parents l'inscrivent alors à Tomoe, petite école éprise de liberté où de vieux wagons font office de salles de classe. Là-bas, l'expérience de la vie est aussi importante que les leçons. Et grâce à un directeur atypique, Totto-chan réapprend à respecter les autres et à s'estimer elle-même. Elle prend goût à l'étude, assume ses échecs et gagne en autonomie, écrit des haïkus et rêve de danser. Elle comprend aussi ce que sont le racisme et l'intolérance, et découvre la guerre. En 1945,Tomoe est détruite par les bombardements. Cependant, en quelques années seulement, cette institution pas comme les autres aura déterminé la vie entière de Tetsuko, aujourd'hui vedette de la télévision japonaise.



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par Marco del Rugo publié dans : Lectures
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Mercredi 18 juin 2008

Voici ce qu'affirmait Gennaro Gattuso, le milieu de terrain de l'équipe d'Italie avant l'Euro 2008, tournoi européen de football : "Quand vous vous préparez pour une rencontre ou que vous entrez sur le terrain, vous ne vous dites pas : "Nous sommes les champions du monde." Nous devons nous préparer minutieusement pour chaque match et ne pas y aller en pensant que nous sommes les champions du monde."

Oui, mais... nous sommes les champions du monde, me permets-je d'ajouter ! Et la France en a fait les frais hier soir  ;-)  Forza Italia !


par marco on the road publié dans : Commentaires
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Dimanche 15 juin 2008

Comme bien souvent, l'opinion publique est formatée par la presse quotidienne. Ainsi, le mythe d'un Naples croulant sous les poubelles s'évanouit lorsque l'on visite la ville. Sans vouloir l'occulter, rappelons que ce problème lancinant est présent depuis bien 14 ans. Laissons donc Berlusconi s'en occuper (cf. photo ci-dessus); en bon homme politique, il a fait des promesses...

Une erreur d'acheminement de mails nous aura conduits du
Giardino di Vigliano, exploitation agritouristique biologique de citrons où je croyais avoir réservé à tort une chambre, à l'Agriturismo Sant'Alfonso, sis à Furore, un vignoble habité autrefois par des moines et dont notre chaste séjour n'aura point trahi la jadis pureté. Les routes en serpent de la côte auront donc usé les gommes de la Vespa louée (notons que la responsable du point de location Jolly à Sorento avait quelque charme que son prochain mariage tuera). Quant à ceux qui doutent de l'ancienneté de la prostitution, un détour par le lupanar de Pompéi, la maison la plus visitée du site archéologique, finira par abattre leurs dernières illusions.

Quel souvenir garder de ce sympathique week-end passé à Naples ? Disons que la vie tumultueuse des rues de la capitale de la Campanie a rempli mes attentes mais que la beauté époustouflante de la côte amalfitaine gravera un souvenir bien plus féerique. Ainsi, comment ne pas être charmé par
Positano, Amalfi et Ravello, patrie du Lemoncello ?


Seul regret : ne pas avoir réussi à charmer ma partenaire de voyage dont je tairai toujours le nom (non, il ne s'agit pas de la fille devant les pouvelles qui, elle, est Napolitaine). Mais au moins nos silences ne furent-ils point pesants. Et j'avais la compagnie de Roland Jaccard, apôtre d'un nihilisme radical et amateur de volupté suicidaire, que je laisse conclure : Maupassant avait fait sien cet aphorisme de Schopenhauer que Cioran tenait pour décisif : "On peut considérer notre vie comme un épisode qui trouble inutilement la béatitude et le repos du néant."


par marco on the road publié dans : Voyages
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Vendredi 6 juin 2008
Souvenez-vous :

Faire une virée à deux
tous les deux sur les chemins
dans ton automobile
tous les deux on sera bien
et dans le ciel il y aura des étoiles
et du soleil quand on mettra les voiles...

A l'heure qu'il est, je m'envole vers Naples avec une amie dont je taurai le nom  ;-)  Notre choix quant à l'hébergement s'est porté sur L'Allogio dei Vassalli, dans le Palais Donnalbina. Le lendemain, départ pour Sorrento (en passant par le Vésuve et bien entendu Pompéï) où se niche une pension agritouristique de charme, Il Giardino di Vigliano. Non vraiment, je me réjouis de ce week-end napolitain, plus précisément amalfitain. Et qui sait si l'île de Capri me verra fouler son sol...



par Marco del Rugo publié dans : Voyages
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Vendredi 30 mai 2008

C'est tout bête. Mais au moment de choisir quel t-shirt vous achetez, vous pouvez décider des conditions de travail dans lesquelles le produit est réalisé. Ainsi, Sasi Rekha ne travaillera que 8 heures dans des conditions décentes ou alors 16 heures (voire plus), 6 jours par semaine (voire 7), en se ruinant la santé. C'est vous qui choisissez. En optant pour des produits avec un label social, vous pouvez imposer des conditions de travail respectant l'être humain. Le film ci-dessous, du cinéaste Mathias Stickel, résume bien la situation.


Et ce raisonnement s'applique à toute marchandise dont vous vous portez acquéreur. Vous aussi, optez pour une mondialisation à visage humain dans le respect d'autrui.

Accessoirement, signez la pétition de la Déclaration de Berne dont le but est de mettre la pression sur l'industrie suisse de la mode. Le tout dans le cadre d'une campagne internationale Clean Clothes.


par Marco del Rugo publié dans : Commentaires
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Mercredi 28 mai 2008
Seize. Ils sont seize. Seize hommes courageux. Seize membres de la Ligue nationale pour la démocratie, le principal parti d'opposition au terrible régime birman encore en place. Ils savent qu'ils vivent dans un pays opprimé. Ils savent qu'en levant leur bras pacifiquement ils risque leur vie. Ils savent qu'en réclamant la libération d'Aung San Suu Kyi ils seront forcément emprisonnés, avec une haute probabilité d'être torturés. Et malgré ces menaces, ils ont osé se lever et crier, crier leur colère. Oublions un instant la folie génocidaire de la junte au pouvoir. Oublions un instant la tragédie du cyclone Nargis. Oublions également les  discours diplomatiques du secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon. Et pensons. Pensons au courage de ces seize Birmans. Aujourd'hui ils sont seize. Qui sait, peut-être seront-ils plus nombreux un jour. Une foule habitée le courage. Le courage de se libérer de cette prison que représente la Birmanie actuelle, que les généraux appellent Myanmar. A travers ce billet, je voulais leur rendre hommage. Rendre hommage à ces seize hommes courageux, qui sont peut-être encore emprisonnés dans les terribles geôles birmanes.

Article du journal Le Temps qui a suscité ce billet.

par Marco del Rugo publié dans : Commentaires
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Mardi 27 mai 2008
Moi qui ai connu des modes de communication semblables à internet avant que ce dernier ne conquiert le grand public (je parle du défunt vidéotex, pendant helvétique du minitel français), je ne cesse d'être émerveillé par la révolution qu'induit le réseau des réseaux. Et nous n'en sommes qu'à l'aube...

Exemple dans le monde de l'art avec Blublu.org. Grâce à la diffusion vidéo sur la toile, tout un chacun peut découvrir le résultat d'un concept original et génial : Muto, film d'animation réalisé sur un support inédit, à savoir les murs de Buenos Aires, en Argentine. Une oeuvre éphémère peinte sur divers supports de rue avec des litres et des litres de peinture, et ensuite photographiée pour en tirer un film d'animation des plus originaux. Voyez donc le résultat ci-dessous. Merci à Télérama qui m'a fait connaître ce projet.
par Marco del Rugo publié dans : Commentaires
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