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Mercredi 13 février 2008
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Bien  que n'ayant point encore 14 ans, mon neveu Caetano  atteint presque mes 1m80  ! On pourrait en douter à voir cette récente photo de lui. Barbatruc, y a un truc...
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Dimanche 10 février 2008
kenya.jpgVous savez que le Kenya est une destination phare des safaris bon marché qu'apprécie le touriste occidental (les safaris en Afrique du Sud sont mieux... mais plus chers). Or, donc, le Kenya s'embrase et le conflit politique et sa cohorte de violence fait ses premières victimes mortelles. Qu'à cela ne tienne ! L'industrie touristique a sorti un lapin de son chapeau consumériste : la Tanzanie, sans heurts. Ainsi, sur cinq pages, cette destination est vantée au titre du Voyage des lecteurs du magazine Coopération. Amis touristes, oubliez le Kenya, ici vous ne risquerez pas de croiser des autochtones avec des machettes au poing,  s'entretuant. Et le service marketing de Coop de vanter le voyage avec cet exergue : "Le sud de la Tanzanie, une véritable arche de Noé". Lien bien involontaire vers le scandale de l'Arche de Zoé où des Blancs, nouveaux missionnaires du XXIe siècle, se croyaient autorisés à "sauver" des vies d'enfants en les kidnappant. Non, en vérité je vous le dis, fascinante est l'industrie touristique.
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Mercredi 9 janvier 2008
Pur moment de bonheur dans ce monde de souffrances, la séance ciné qui m'a fait découvrir un ancien film argentin : No te mueras sin decirme adónde vas d'Eliseo Subiela.

Instants poétiques entre rêve et réalité. Comme cette perle est disponible en DVD, ne vous privez pas !

Pour le "capteur de rêves", je n'ai point encore trouvé de fournisseurs sur le net  ;-)

par Marco Rugo publié dans : Cinéma
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Samedi 5 janvier 2008
J'avoue ne pas avoir mis à disposition mes plus belles vidéos sur le net car cela demande du temps ! Néanmoins, voici une fonction sympa permise par DailyMotion, le JukeBox. En attendant que j'alimente mon compte... Bon visionnement à vous !

 
par Marco Rugo publié dans : Commentaires
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Samedi 5 janvier 2008
Stèles
Victor Segalen


Mon classement : *

J'avoue être hermétique à la poésie. Ce qui explique le temps qu'il m'aura fallu avant de lire le recueil de Victor Segalen, Stèles, bouquin reçu d'un collègue à Noël 2004 (cela change des pots de Nutella). Celui qui m'a offert ce cadeau a sans doute pensé que j'étais un exote (néologisme forgé par Victor Segalen), "voyageur idéal éternellement étranger et inlassablement xénophile". Dans un de ses poèmes, il donne d'ailleurs des Conseils au bon voyageur : Repose-toi du son dans le silence, et, du silence, daigne revenir au son. Seul si tu peux, si tu sais être seul, déverse-toi parfois jusqu'à la foule. Moi qui aime être seul, ce texte me parle; ainsi, j'aurai pu écrire comme lui que je n'ai point [...] d'exploits à accomplir. Pour régler ma vie singulière, je me contemple seul en mon ami quotidien.

Comme le précise en préface Pierre-Jean Remy, Victor Segalen a poursuivi sa vie durant le dialogue entre le Réel et l'Imaginaire. Non qu'il parle exclusivement de la Chine, mais la Chine l'aura inspiré dans la création de Stèles. Pour preuve, ce texte qui reflète la soumission confucéenne du peuple chinois : Du Père à son fils, l'affection. Du Prince au sujet, la justice. Du frère cadet à l'aîné, la subordination. D'un ami à son ami, toute la confiance, l'abandon, la similitude. D'ailleurs, voici comment il parle d'un ami : Celui que j'ai fait Noble de mon amitié et ailleurs de préciser : O fourberie d'une amitié parfaite.

Extraits et tournures appréciés :

[...] jusqu'aux symboles nus courbés à la courbe des choses.

Attentif à ce qui n'a pas été dit; soumis par ce qui n'est point promulgué; prosterné vers ce qui ne fut pas encore

[...] la Raison qui est une

Le Sage dit : Etant sage, je ne me suis jamais occupé des hommes

Ceci ne vaudrait pas un exergue, à peine d'être dit

[...] honorons [...] le temps dans sa voracité.

La mort est fort habitable.

Par respect de l'indicible
[...]

Tout ce qui peut se faire
[...] nous l'avons fait.

[...] ne t'en va point de moi que tu habites


J'y ai appris de nouveaux mots (dico) :
Des rangées de monts lancéolés
Ils laissent un cartouche où s'inscrit la dévolution
Des points interlopes
Sans commentaires ni gloses inutiles
Ces ors que la pluie lave
Je n'ai pas obtenu le jappement de l'eau pure et profonde
Inabreuvé, toujours penché, j'ai vu, oh ! soudain, un visage
Deux mondes s'abouchent ici
Toute la Mongolie-aux-Herbes déploie son van au bord de l'horizon
La moire de tes veines
Hormis l'incuse nécessaire à ton creux
La Conquérante aux âpres remparts, aux redands
Belles cavales de toutes les couleurs : celle-ci pourpre et aubère-rose



En savoir plus sur Victor Segalen en consultant Wikipedia ou alors le site de la Poésie francophone, Anthologie. Il y a également le site de l'Association Victor Segalen. Magie de l'internet, vous pouvez lire le texte intégral de Stèles en cliquant ici et celui de Equipée en cliquant .

Achetez le bouquin sur Amazon



Que l'éditeur me permette de reproduire ici trois poèmes in extenso, ceux qui m'ont le plus touché :


Pour lui complaire

A lui complaire, j'ai vécu ma vie. Touchant au bout extrême de mes forces, je cherche encore à imaginer quoi pour lui complaire :
Elle aime à déchirer la soie : je lui donnerai cent pieds de tissu sonore. Mais ce cri n'est plus assez neuf.
Elle aime à voir couler le vin et des gens qui s'enivrent : mais le vin n'est pas assez âcre et ces vapeurs ne l'étourdissent plus.
Pour lui complaire je tendrai mon âme usée : déchirée, elle crissera sous ses doigts.
Et je répandrai mon sang comme une boisson dans une outre :
Un sourire, alors, sur moi se penchera.


On me dit

On me dit : Vous ne devez pas l'épouser. Tous les présages sont d'accord, et néfastes : remarquez bien, dans son nom, l'EAU, jetée au sort, se remplace par le VENT.
Or, le vent renverse, c'est péremptoire. Ne prenez donc pas cette femme. Et puis il y a le commentaire : écoutez : "Il se heurte aux rochers. Il entre dans les ronces. Il se vêt de poil épineux..." et autres gloses qu'il vaut mieux ne pas tirer.
Je réponds : Certes, ce sont là présages douteux. Mais ne donnons pas trop d'importance. Et puis, elle est veuve et tout cela regarde le premier mari.
Préparez la chaise pour les noces.


Ordre au soleil

Mâ, duc de Lou, ne pouvant consommer sa victoire, donna ordre au soleil de remonter jusqu'au sommet du Ciel.
Il le tenait là, fixe, au bord de sa lance : et le jour fut long comme une année et plein d'une ivresse sans nuit.
Laisse-moi, ô joie qui déborde, commander à mon soleil et le ramener à mon aube : Que j'épuise ce bonheur d'aujourd'hui !
Las! il échappe à mon doigt tremblant. Il a peur de toi, ô joie. Il s'enfuit, il se dérobe, un nuage l'étreint et l'avale,
Et dans tout mon coeur il fait nuit.

par Marco Rugo publié dans : Lectures
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Samedi 5 janvier 2008

Les affaires m'ont toujours attiré (ceux qui me connaissent le savent) et je crois avoir trouvé celle qui fera ma fortune.

J'ai donc acquis l'exclusivité de l'USBwine sur tout le territoire helvétique, un appareil RE-VOL-LU-TION- NAIRE ! Ainsi, je recherche activement des vendeurs afin que cette révolution dans le domaine viticole soit vendue en masse partout en Suisse. N'hésitez pas à me contacter.

En attendant, visionnez donc la présentation vidéo ci-dessous.




par Marco Rugo publié dans : Commentaires
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Vendredi 4 janvier 2008
Dans notre univers contemporain et carcéral, voué entier au mercantilisme et à l'insignifiance (ce sont là des paroles de feue Christiane Singer tirées de son bouquin "Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?"), saluons la marque Dove qui ose scier la branche sur laquelle elle est assise. Pour preuve sa campagne Initiative vraie beauté - Fonds d'estime de soi.

Visionnez la vidéo ci-dessous qui dénonce les manipulations des médias sur l'image de la femme qui, hélas trois fois hélas et comme le disait si bien feu mon prof' de français, vieillit tandis que l'homme lui mûrit... Ce qui n'empêche pas certain de s'inquiéter de leurs cheveux qui disparaissent tragiquement (Boris Ducon appréciera ;-) sans parler d'autres...

 



par Marco Rugo publié dans : Commentaires
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Vendredi 4 janvier 2008
Histoire couleur terre
Kim Dong-Hwa

Mon classement : ** - Commentaire :
Pour qui, comme moi, est déjà allé en Corée, les manhwas (la BD coréenne) de Kim Dong-Hwa, auteur d'une rare sensibilité, permettent de s'y replonger à moindres frais  ;-)

Jeunes ou vieilles, les femmes sont des créatures bien étranges. A chaque pluie de printemps, leur curiosité devient un peu plus grande. Avec une telle entrée en matière, je ne pouvais passer à côté de ce coffret contenant les 3 tomes d'Histoire couleur terre, chronique de la vie dans la campagne coréenne. Histoire d'une jeune veuve et sa fille, cette dernière étant confrontée à l'éclosion de sa féminité. L'auteur y distille savamment les anciennes traditions coréennes. Grâce au travail de la traductrice, on y apprend également quantité d'expressions locales comme celle-ci : Tout le monde sait que tu es aussi endurant qu'un moineau (l'équivalent coréen de l'expression "rapide comme un lapin") à laquelle la veuve répond, taquine : Hélas, un moineau n'a pas le bec qu'il faut pour boire dans une carafe.

Lecture jouissive, avec l'agrément d'un dessin au trait subtil, pour adultes (quoiqu'une adolescente puisse y trouver source d'inspiration poétique).

4e de couverture
Histoire couleur terre se singularise par une poésie lancinante et douce, un romantisme tendre et touchant, une sensualité dans le jeté du trait et un humour ironique et léger à l'égard des choses de la vie. Ici, l'auteur invente quelque chose d'intermédiaire entre l'Asie et l'Europe : une histoire universelle qui parle à tous de l'amour.



Découvrez un commentaire des 3 tomes sur CoinBD.com ou alors lisez celui de CitizenGlam.

Achetez le coffret de la trilogie sur Amazon.



Et voici un conte illustrant le triste sort de la femme coréenne, jadis (tiré du tome 2) :

Il était une fois une belle jeune fille qui était en âge de se marier.
Le jour de ses épousailles, sa mère lui donna le conseil suivant.
Fais comme si tu n'as rien vu, rien entendu et rien compris.
C'est le seul moyen de supporter la vie chez la belle-famille.
Obéissante, la jeune fille passa trois ans comme une muette.
Trois ans comme une aveugle, et encore trois ans comme une sourde.
Au bout de ces trois fois trois années, les persils donnèrent des fleurs.

Mais furieux d'avoir une brue muette, le beau-père décida de la renvoyer
chez elle. Alors que le palanquin se rapprochait de la demeure familiale,
un ri de faisan se fit entendre. La jeune femme s'écria alors.
"Oh, un faisan vient de s'envoler vers le bosquet."
Ravi de découvrir enfin le son de sa voix, le beau-père fit arrêter le palanquin.
Puis il ordonna aux valets d'aller attraper sur le champs le faisan.
Aussitôt dit, aussitôt fait.

"Rentrons immédiatement chez nous", déclara le beau-père.
De retour chez la belle-famille, elle fit cuire le faisan
au feu de bois et le distribua à la ronde. Voici pour vous les ailes,
cher beau-père, vous qui aimez tant vous donner de grands airs.
Voici pour vous le bec, chère belle-mère, vous qui aimez tant médire.
Voici pour vous les yeux, chère aïeule, vous qui aimez tant espionner.
Voici pour vous le croupion, cher aïeul, vous qui êtes sujet aux flatulences.

Voici pour vous la bile, chère belle-soeur, vous qui êtes sujet à la jalousie.
Voici pour vous les pattes, mon cher époux, vous qui n'êtes jamais là
quand on a besoin de vous. Et je garde pour moi le coeur,
car un trop plein de chagrin a fini par briser le mien.
Il n'existe pas de pire épreuve que la vie de la femme mariée.
Mes larmes ont fini par déteindre sur les dix pans de ma jupe.
Mes larmes ont finir par chiffonner les manches de mon beau corsage.

par Marco Rugo publié dans : Lectures
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Jeudi 3 janvier 2008
Un repos forcé m'a amené à visionner l'émouvant clip d'une campagne publicitaire d'Amnesty International. S'il ne devait y avoir qu'une seule raison de soutenir cette association, ce serait sa volonté d'éradiquer la peine de mort de par le monde. Donner le droit à une entité étatique de supprimer la vie d'un individu, c'est ouvrir la porte au pire. Voici le clip qui m'a marqué :




Et en voici un autre qui nous fait prendre conscience de l'importance des campagnes de signatures qui sont menées par Amnesty :



Pour ceux qui veulent en savoir plus : Amnesty Suisse.


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Jeudi 3 janvier 2008
J'ai saigné
Blaise Cendrars


Mon classement : **(*) - Commentaire :

Ce court récit, le premier que j'ai lu de cet auteur suisse, est d'une puissance aussi forte que les méfaits de la guerre qu'il décrit. L'auteur écrit d'ailleurs que si l'esprit humain a pu concevoir l'infini, c'est que la douleur du corps humain est également infinie et que l'horreur elle-même est illimitée et sans fonds. Il précise que leurs hurlements égarés étaient plus ignobles que leurs chairs déchiquetées.

Le texte publié par les Editions Zoé dans leur collection MiniZoé, tiré de La Vie dangereuse, est un hommage à Mme Adrienne P... (qui s'appelait en fait Madame Berger). L'auteur écrit : Si je ne méprise pas absolument les femmes c'est que j'ai connu celle-là et rencontré deux, trois autres infirmières du même cran durant la guerre, qui toutes ont su payer de leur personne.

4e de couverture :
En 1938, celui qui publie son deuxième volume d'Histoires vraies, La Vie dangereuse, est connu et reconnu en tant qu'écrivain-reporter, aventurier au long cours: Blaise Cendrars fait partager à ses lecteurs des expériences vécues, il s'attaque à la réalité. Avec "J'ai saigné ", récit autobiographique du recueil La Vie dangereuse, Cendrars attire son lecteur au cœur du souvenir de Champagne, en 1915, dix jours après son amputation du bras droit. Sa vie lui a filé entre les doigts, mais il veut survivre. En 1938, alors que le carnage est prêt à recommencer, le poète témoigne de sa guerre, de sa peur de mourir et, de fait, de son humanité.
Postface de Christine Le Quellec Cottier



Extraits, tournures et expressions appréciés :


[...] les séquences du 75 qui tirait à bouche que veux-tu [...]

Ils n'en foutent pas une datte.

[...] et il y a de la fesse. Quant à la becquetance, elle est fameuse. [...] Mais chez les curetons tu seras bien soigné. Ne t'en fais donc pas. T'es verni.

[...] la pénultème marche [...]


J'y ai appris de nouveaux mots (dico) :

La cour de la tréfilerie
Des hommes couraient se carapater entre les monceaux de ferrailles qui s'éboulaient en les ensevelissant
Des portefaix
Ces embusqués qui font des turlupettes auprès des Dames de France
Et le galonnard, ha, parlons-en, mon colonel !
Je suis vanné
Et tu pourras te pagnoter
- Espèce de ballot [...] Tu ne voudrais pas une cibiche
Jusqu'au toit dont je devinais les massives solives
Je perçus un frissoulis de robes
L'étage supérieur avait été aménagé en lazaret de sang
La neurasthénie
On lui eût désigné sa cagna
Son visage était hâve
En sortir le drain
Une dose massive de pantonpon
L'autoclave
La moustache d'amadou
Faire risette




Présentation de l'auteur sur Wikipédia ou Evène. Un extrait tiré Du monde entier, au coeur du monde. Et pour les plus mordus, le site web du CEBC - Centre d'études Blaise Cendrars.


Achetez le bouquin directement chez l'éditeur.



par Marco Rugo publié dans : Lectures
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