L'Africain
L'Africain
Jean-Marie Gustave Le Clézio
Mon classement : * - Commentaire :
Premier ouvrage que je lis de cet auteur dont les seules initiales de son prénom m'intriguaient. Bel hommage rendu à son père absent mais je n'ai point partagé sa passion pour l'Afrique. Reste cette belle condamnation du colonialisme occidental.
Fribourg, le 6 août 2006
4e de couverture :
[...] une étendue sans horizon, avec une légère ondulation où le regard pouvait se perdre.
La réalité était dans les légendes.
Cela dure quelques secondes, des minutes, un temps aussi long qu'un cauchemar.
[...] son côté anglais, ou pour mieux dire britannique [...]
[...] et cette sorte de distance ennuyée propre aux gros fumeurs [...]
[...] entourées des mêmes palmiers, emblêmes obsédants des tropiques.
[...] où l'en entend le chant de désespérance du monde amériendien en train de disparaître.
Puis la solitude et l'angoisse de la guerre, jusqu'à l'usure, jusqu'à l'amertume des derniers instants, ce sentiment d'avoir dépassé la mesure d'une vie
[...] ses instruments de chirurgien, qu'il utilisait en France pour faire la cuisine, découpant le poulet au scalpel [...]
C'est ainsi que je le vois à la fin de sa vie. Non plus l'aventurier ni le militaire inflexible. Mais un vieil homme dépaysé, exilé de sa vie et de sa passion, un survivant.
Les Africains ont coutume de dire que les humains ne naissent pas du jour où ils sortent du ventre de leur mère, mais du lieu et de l'instant où ils sont conçus.
[...] ne buvait que du thé, ou même de l'eau bouillante (que les Chinois appellent du thé blanc) [...]
[...] à Ogoja, dans une nature où tout est à l'excès, [...] où la maladie et la vieillesse étaient visibles [...]
J'y ai appris de nouveaux mots :
Le mouvement de giration
Un héroïsme sans emphase
Il photographie la nappe bistre sur laquelle glisse une pirogue, contre un village de tôle semé d'arbres malingres.
Soudain une bonace sur un bras du Mazaruni
L'étrave de la pirogue
Le crissement incessant des insectes
Qui savait faire des noeuds et des épissures, réparait les tomettes cassées, reprisait ses chaussettes
Son injustice outrecuidante
Une Afrique réelle, forte et exhilarante aussi
Cette peine dérélictueuse
Biographie de Jean-Marie Gustave Le Clézio et site non officiel d'une librairie.
Achetez le bouquin sur Amazon

Jean-Marie Gustave Le Clézio
Mon classement : * - Commentaire :
Premier ouvrage que je lis de cet auteur dont les seules initiales de son prénom m'intriguaient. Bel hommage rendu à son père absent mais je n'ai point partagé sa passion pour l'Afrique. Reste cette belle condamnation du colonialisme occidental.
Fribourg, le 6 août 2006
4e de couverture :
"J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite, est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre."
Extraits et tournures appréciés :[...] une étendue sans horizon, avec une légère ondulation où le regard pouvait se perdre.
La réalité était dans les légendes.
Cela dure quelques secondes, des minutes, un temps aussi long qu'un cauchemar.
[...] son côté anglais, ou pour mieux dire britannique [...]
[...] et cette sorte de distance ennuyée propre aux gros fumeurs [...]
[...] entourées des mêmes palmiers, emblêmes obsédants des tropiques.
[...] où l'en entend le chant de désespérance du monde amériendien en train de disparaître.
Puis la solitude et l'angoisse de la guerre, jusqu'à l'usure, jusqu'à l'amertume des derniers instants, ce sentiment d'avoir dépassé la mesure d'une vie
[...] ses instruments de chirurgien, qu'il utilisait en France pour faire la cuisine, découpant le poulet au scalpel [...]
C'est ainsi que je le vois à la fin de sa vie. Non plus l'aventurier ni le militaire inflexible. Mais un vieil homme dépaysé, exilé de sa vie et de sa passion, un survivant.
Les Africains ont coutume de dire que les humains ne naissent pas du jour où ils sortent du ventre de leur mère, mais du lieu et de l'instant où ils sont conçus.
[...] ne buvait que du thé, ou même de l'eau bouillante (que les Chinois appellent du thé blanc) [...]
[...] à Ogoja, dans une nature où tout est à l'excès, [...] où la maladie et la vieillesse étaient visibles [...]
J'y ai appris de nouveaux mots :
Le mouvement de giration
Un héroïsme sans emphase
Il photographie la nappe bistre sur laquelle glisse une pirogue, contre un village de tôle semé d'arbres malingres.
Soudain une bonace sur un bras du Mazaruni
L'étrave de la pirogue
Le crissement incessant des insectes
Qui savait faire des noeuds et des épissures, réparait les tomettes cassées, reprisait ses chaussettes
Son injustice outrecuidante
Une Afrique réelle, forte et exhilarante aussi
Cette peine dérélictueuse
Biographie de Jean-Marie Gustave Le Clézio et site non officiel d'une librairie.
Achetez le bouquin sur Amazon

Publicité