Les effets de la peur

Publié le par Marco Rugo

Le hasard dispose d'outils perçants... Voilà ce qu'écrit le grand Stefan Zweig dans le recueil de nouvelles intitulé "La peur". Heureux hasard qui a fait suivre le visionnement d'un DVD de Kurosawa à la lecture d'un bouquin de Zweig, tous deux avec pour thème la peur justement.

Il faut voir les terribles effets de ce sentiment sur Irène, une femme mariée qui trompe son mari, victime qu'elle est du sentiment, si fréquent chez la femme mariée, de mener une vie intellectuelle rabougrie. Elle renoue ainsi avec le romantisme, qui refleurit dans sa vie, après s'être desséché dans son mariage. Mais la peur va bien vite la rattraper et rendre la vie quotidienne infernale à cette bourgeoise...

Quant au film "Vivre dans la peur", ce n'est pas la peur qui envahit un vieil industriel, mais une véritable terreur, celle du nucléaire qui fera basculer toute une famille dans un égocentrisme matérialiste et le vieux patriarche dans une folie salvatrice...

Et à lire et à voir de toute urgence. Un conseil de Marco, Docteur ès psychologie.

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Publié dans Commentaires

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B
M. Rugo fait évidemment ombrage quant aux six nouvelles qui composent ce livre. Il ne fait aucunement référence à la "révélation inattendue d'un métier", à la bigotte "Leporella", de "la femme et le paysage", du "bouquiniste Mendel" et enfin de "la collection invisible". <br /> Ce qu'il faut retenir est le fait que Zweig voulait « résumer le destin d'un individu dans un minimum d'espace et donner dans une nouvelle la substance d'un livre. » Lui, qui admirait Maupassant  campe en peu de pages des personnages inoubliables. Avec son génie de l'observation, son sens magistral de la psychologie dans l'analyse des comportements humains, il se coule dans les destins et les âmes les plus secrètes que l'anecdote fait surgir en pleine lumière. « Le destin, toujours entreprenant, et parfois ironique, mêle souvent malicieusement le comique aux événements les plus poignants. » La magie diaboliquement humaine de Zweig opère. De simple lecteur, on devient son complice spirituel. « Pourtant, je sais que les livres sont faits pour unir les hommes par-delà la mort et nous défendre contre l'ennemi le plus implacable de toute vie, l'oubli. »<br /> Boris Ducon, lettré
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