BD. L'Incal (L'intégrale)
L'Incal (L'intégrale)
Moebius & Jodorowsky
Moebius & Jodorowsky
Mon classement : *** - Commentaire :
Petit cadeau que je me suis offert, cette intégrale de près de 300 pages, imprimée en Chine dans un petit format discutable (celle des Editions France Loisirs), réunit les 6 BD composant cette saga dessinée par Moebius et écrite par Alexandro Jodorowsky. Qu'il est émouvant de se replonger dans l'histoire de John Difool, secondé de son ami Deepo, un volatile parlant, histoire que j'ai lue durant mon adolescence grâce à l'impressionnante bibliothèque BD de mon ami Raboul :-)
On remarquera aussi l'évolution du graphisme entre le premier tome paru en 1981 et le dernier, qui lui est sorti en 1988 : les habituelles cases propres aux bandes dessinées ont explosé et les marges ont pris de la couleur. Nul doute que Léo s'en est inspiré dans sa série Aldébaran puis Bételgeuse.
Quant au scénario, on y retrouve les obsessions d'un Jodo au sommet de son art, obsessions reprises d'ailleurs avec moins de succès dans une autre série dessinée par Fred Beltran, Megalex (dont j'ai acquis le coffret intégral, autre cadeau du dernier Noël. Ainsi, L'Incal a sans nul doute été fortement inspiré par la propre vie d'Alexandro Jodorowsky qui a rencontré un maître zen, Ejo (que l'on retrouve sous les traits de Edo dans la présente BD). Lire sa biographie, c'est accéder aux clefs qui ouvrent la compréhension de cette fresque futuriste au syncrétisme intelligent. Ainsi, l'architecture du Palais de Planète d'Or renvoie aux temples birmans. Les araths, maîtres des hommes vivant sur Terra, proviennent de l'iconographie bouddhiste. Le Patmah se dévoile dans la position du lotus, celle de la méditation chère aux bouddhistes asiatiques. Et le conseil de Deepo à son ami Difool n'aurait pas dépareillé dans la bouche du Bouddha : "Tu as tort de préférer l'illusion à la réalité". Preuve de ce syncrétisme : cette saga se termine par la figure tutélaire du Père Créateur, ORH.Une lecture conseillée à tout un chacun afin de lui faire apprécier la bande dessinée de qualité.
4e de couverture :
En six chapitres, c'est-à-dire deux cent quatre-vingt-douze pages dessinées en huit ans, Alexandro Jodorowsky et Moebius ont renouvelé avec L'Incal la science-fiction en bande dessinée. Pour raconter la légende d'un minable détective privé, John Difool, qui devient un sauveur cosmique, ils ont mélangé les genres et les symboles, l'aventure héroïque et les tarots, la quête initiatique et le rêve, les rebondissements et la parodie, composant une fresque magique et picaresque, le premier roman graphique qui aura marqué plusieurs générations de lecteurs dans le monde.
Pour en savoir plus : site web des Humanoïdes Associés, éditeur de L'Incal. Achetez la série de BD sur Amazon ou alors visionnez un projet avorté, celui du dessin animé de l'Incal qui ne verra jamais le jour, sur DailyMotion. Vous pouvez aussi découvrir la genèse de la rencontre Moebius/Jodo (article du magazine Prémonition) ou lire ce qu'en dit Wikipedia.

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